Tous les quinze jours, les jeudis soirs (à partir de la semaine du 24 septembre)! Au 408 rue Léon Gambetta!

Divers exercices d'écriture seront proposés et vous serez invités à lire vos productions devant les autres membres du groupe. Ensemble nous découvrirons votre univers personnel!

Au fil de l'année, en accord avec les participants, nous mettrons en ligne sur le site internet de l'association vos productions! Afin de les faire partager au plus grand nombre!

En fin d'année, une lecture sera proposée au public, pour donner à entendre vos productions!

La durée de l'atelier: 1h30 de 19h30 à 21h00 - Tarif 135€/an

 

Le dormeur Duvel

Inspiré du dormeur du val.

C'est un trou de levure où coule la bière,
Goutant follement aux tâches des haillons,
Dégeulasses, où le soleil, de la gare fière,
Luit: c'est un petit gars qui mousse, le pochtron.

Un ivrogne jeune, bouche ouverte, tête décapsulée, nue,
Et la nuque baignant dans le frais vomi bleu,
Dort, il est étendu sur le trottoir, dans la rue,
Pâle dans son lit vert où la bière coule.

Les pieds dans les cadavres, il dort,
Souriant comme sourirait un enfant malade, il cuve un somme,
Levure, berce-le chaudement, il a froid.

Les odeurs ne font pas frissonner sa narine,
Il dort dans la décharge, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux Duvel rouges au côté droit.

 

Si demain je partais sur une île déserte, j’emmènerais un appareil photo. Me baladant sur la plage inoccupé, les jungles exotiques abandonnées, jamais je ne perdrais l'occasion de documenter la solitude à l'état pur.

Peu à peu, les pellicules me permettraient de combattre mes fantômes et mes démons, que prouvant que je reste seul, bien que la folie naissante essayerait de me faire croire le contraire.

Les instantes me retiendraient au présent par une fine ficelle, décordée peu à peu, mais au moins j'affronterais ce que personne n'a jamais affronté: soi-même.

C'est alors que, au fur et à mesure, je me rendrais compte que mes photos deviendront imprécises, brumeuses. Les étoiles seraient fades, les journées longues, sans but, les contours de l'île peu à peu indéfinissables, est-ce le sable, la mer, je ne le saurais plus bien.

Finalement, elles deviendraient juste un flot de blanc.
Alors, j'aurais atteint le cap de non retour;
Alors, les photos ne seraient plus blanches.
Alors, elles ne dépendraient que moi.
Alors, je ne serais plus seul...